Niakara, 31 octobre 2025 – Longtemps méconnue en Côte d’Ivoire, la culture du tournesol attire aujourd’hui l’attention des producteurs du Nord. À Niakara, dans la région du Hambol, cette plante oléagineuse se présente comme une filière agricole innovante, rentable et durable, capable de diversifier les revenus agricoles tout en soutenant la souveraineté alimentaire nationale.
Une culture adaptée aux conditions locales
L’initiative est portée par Lidea Afrique, à travers son technico-commercial Joël Boumessran, convaincu du fort potentiel du tournesol dans la zone des savanes. Basé à Korhogo, il explique avoir choisi Niakara pour ses conditions agroclimatiques idéales : des sols bien drainés, une chaleur constante et un équilibre pluviométrique favorable.
« Nos essais ont montré que la région offre un environnement parfait pour le tournesol, capable de donner d’excellents rendements avec peu d’intrants », a-t-il confié.
Rentabilité et durabilité au rendez-vous
Sur une parcelle de démonstration de 0,5 hectare à Halnankaha (axe Niakara–Tafiré), Lidea a obtenu un rendement moyen de 2,5 tonnes à l’hectare. Avec un coût de production estimé à 160 000 FCFA, les producteurs peuvent espérer un revenu net d’environ 700 000 FCFA/ha — une rentabilité très compétitive par rapport à d’autres cultures traditionnelles de la région.
Selon M. Boumessran, le tournesol est une plante tolérante à la sécheresse, à cycle court et faiblement consommatrice d’eau, ce qui en fait un atout majeur face au changement climatique.
Des débouchés industriels prometteurs
Au-delà de la production agricole, le tournesol offre de nombreuses opportunités industrielles, notamment dans la fabrication d’huile végétale et de tourteaux pour l’alimentation animale.
« De nombreuses huileries dans la région des savanes sont aujourd’hui sous-utilisées. Le tournesol peut relancer leur activité et stimuler la transformation locale », souligne le représentant de Lidea.
Une filière d’avenir pour les jeunes et les femmes
Déjà, deux grands entrepreneurs agricoles ont investi dans la filière, et plusieurs coopératives manifestent leur intérêt. L’objectif est clair : passer rapidement à une production à grande échelle.
« Le tournesol crée des opportunités concrètes d’emploi et de revenus pour les jeunes et les femmes. C’est une culture d’avenir pour une agriculture ivoirienne plus résiliente et compétitive », affirme M. Boumessran.
Un “avenir jaune” pour la Côte d’Ivoire
Convaincu que cette filière s’inscrit dans la stratégie nationale de diversification agricole, le technico-commercial appelle les autorités et partenaires à soutenir son essor.
« Le tournesol est une chance à saisir pour bâtir une agriculture plus résiliente et créatrice de valeur. Le cultiver, c’est investir dans un avenir jaune, brillant et prospère pour la Côte d’Ivoire », conclut-il.
MN





