Abidjan (Côte d’Ivoire) — Dans un secteur du cacao en quête d’innovation et de durabilité, la coopérative ivoirienne SCOOPAAK COOP CA a conclu un partenariat avec FasterCapital, une société d’investissement basée à Dubaï. L’accord, officialisé le 2 septembre 2025, marque l’entrée de la coopérative dans le programme EquityPilot, destiné à soutenir les entreprises agricoles à fort potentiel de croissance.
Une filière sous pression
Première productrice mondiale, la Côte d’Ivoire fournit près de 40 % du cacao consommé sur la planète, un pilier économique qui représente environ 15 % du PIB et 40 % des recettes d’exportation. Mais la filière reste confrontée à de lourds défis : vieillissement des vergers, volatilité des prix mondiaux, insuffisance de transformation locale et conditions de vie précaires des planteurs.
C’est dans ce contexte que SCOOPAAK, basée à Divo, tente de redéfinir le modèle coopératif ivoirien. Fondée en 2021, elle regroupe plus de 350 producteurs et s’appuie sur un principe : concilier rentabilité et durabilité. La coopérative collecte aujourd’hui environ 900 tonnes de fèves par an, mais ambitionne de doubler ce volume à moyen terme.
Un partenariat pour changer d’échelle
Avec FasterCapital, SCOOPAAK entend franchir un cap. Le programme EquityPilot prévoit un accompagnement stratégique, un accès élargi aux investisseurs internationaux et une assistance technique dans les opérations de levée de fonds.
L’objectif : mobiliser jusqu’à un million de dollars pour moderniser les équipements, renforcer la traçabilité des produits et développer de nouvelles filières locales de transformation.
« Ce partenariat marque un tournant pour notre coopérative », confie Diallo Oumar, fondateur et président de SCOOPAAK.
« Grâce à FasterCapital, nous renforçons notre crédibilité et nos moyens pour développer des solutions durables qui profitent directement aux producteurs. »
Une alliance entre innovation et ancrage local
Du côté de Dubaï, Hesham Zreik, fondateur de FasterCapital, salue « un modèle coopératif inspirant » :
« L’approche de SCOOPAAK, centrée sur la durabilité et l’autonomisation des producteurs, s’aligne parfaitement avec notre vision d’un entrepreneuriat agricole résilient et inclusif. »
L’entreprise, qui accompagne déjà plusieurs startups africaines, voit dans le cacao ivoirien un secteur à fort potentiel d’innovation, notamment en matière de traçabilité numérique, de valorisation des déchets agricoles et de certification éthique.
Un avenir plus durable pour les planteurs ?
Au-delà des chiffres, cette collaboration illustre une mutation en cours : la recherche d’un nouvel équilibre entre performance économique et responsabilité sociale.
Alors que la demande mondiale en cacao « durable » ne cesse de croître, des initiatives comme celle de SCOOPAAK pourraient contribuer à repositionner la Côte d’Ivoire, non plus comme simple fournisseur de matières premières, mais comme acteur de la transition agricole mondiale.
MN





