Caractérisation des adventices majeures dans les vergers d’anacardier en Côte d’Ivoire
Caractérisation des adventices majeures dans les vergers d’anacardier en Côte d’Ivoire
L’anacardier (Anacardium occidentale L), culture stratégique en Côte d’Ivoire, fait face à une contrainte majeure : la prolifération des adventices. Ces plantes indésirables, en concurrence directe avec les anacardiers, affectent le développement, la productivité et la qualité des noix de cajou. Pour mieux comprendre ce phénomène et proposer des solutions adaptées, une étude scientifique a été menée dans deux zones agroécologiques représentatives du pays.
Objectif de l’étude
L’objectif principal de ce travail était d’identifier et de caractériser les adventices majeures présentes dans les vergers d’anacardier des zones de production de cajou. L’étude visait également à établir une comparaison entre la diversité floristique des zones soudanaise et guinéenne, afin de déterminer les espèces les plus agressives et les plus nuisibles à la culture.
Méthodologie adoptée
Des relevés floristiques ont été réalisés dans les parcelles d’anacardiers, à l’aide de la méthode de surface sous les différentes couronnes d’arbres. Cette approche a permis de recenser de manière systématique les espèces présentes, d’identifier leur fréquence et d’évaluer leur impact potentiel sur la culture.
Résultats globaux
Au total, 469 espèces végétales ont été inventoriées, appartenant à 286 genres et 76 familles botaniques. La zone soudanaise a révélé la présence de 338 espèces réparties en 224 genres et 65 familles, tandis que la zone guinéenne a présenté 364 espèces réparties en 211 genres et 66 familles.
Les familles les plus diversifiées et les plus fréquentes dans ces deux zones sont :
Leguminosae (Fabaceae)
Poaceae (graminées)
Compositae (Asteraceae)
Malvaceae
Rubiaceae
Cyperaceae
Combretaceae
Lamiaceae
Convolvulaceae
De manière générale, les Dicotylédones dominent largement la flore recensée par rapport aux Monocotylédones, confirmant leur forte représentativité dans les agroécosystèmes étudiés.
Principales adventices identifiées
Parmi toutes les espèces répertoriées, certaines se sont distinguées par leur caractère particulièrement envahissant et leur capacité de nuisance élevée. Les adventices les plus agressives, observées dans toutes les zones étudiées, sont :
Chromolaena odorata
Ageratum conyzoides
Croton hirtus
Centrosema pubescens
Euphorbia heterophylla
Ficus sur
Imperata cylindrica
Ces plantes posent un réel défi pour les producteurs, car elles concurrencent directement les jeunes plants d’anacardier pour l’eau, la lumière et les éléments nutritifs.
Particularités par zone
Même si certaines espèces sont largement répandues, des différences régionales ont été observées. En effet, chaque zone agroécologique présente des adventices spécifiques qui accentuent localement leur effet nuisible. Cette variabilité souligne l’importance de mettre en place des stratégies de gestion adaptées au contexte de chaque région de production.
Cette étude constitue une étape essentielle dans la connaissance des adventices qui menacent la culture de l’anacardier en Côte d’Ivoire. Les résultats obtenus mettent en évidence une diversité floristique importante et la présence d’espèces particulièrement envahissantes. Ces données offrent une base scientifique solide pour développer des méthodes de lutte intégrée, adaptées aux réalités agroécologiques de chaque zone, afin de garantir une production durable et rentable de la noix de cajou.











