Abidjan – Confrontée à une crise persistante sur le marché international du cacao, la Côte d’Ivoire a décidé d’abaisser fortement le prix bord-champ payé aux producteurs pour la campagne intermédiaire, communément appelée « petite traite ». Le gouvernement ivoirien a fixé ce prix à 1 200 FCFA le kilogramme, contre 2 800 FCFA lors de la campagne principale lancée en octobre 2025, soit une baisse d’environ 57 %.
Cette décision intervient dans un contexte marqué par la chute des cours mondiaux du cacao et les difficultés rencontrées par les exportateurs pour écouler les stocks accumulés dans les entrepôts. La baisse du prix vise ainsi à réajuster le système de commercialisation et à relancer les achats sur le marché intérieur.
Une mesure pour s’adapter à la crise du marché
Premier producteur mondial de cacao, la Côte d’Ivoire fixe chaque année un prix minimum garanti aux planteurs. Ce mécanisme, mis en place pour protéger les producteurs contre la volatilité du marché, se trouve aujourd’hui mis à l’épreuve par le recul rapide des cours internationaux de l’or brun.
Après avoir atteint des niveaux record en 2024, les prix du cacao ont fortement reculé sur les marchés internationaux sous l’effet d’une baisse de la demande et d’une amélioration de l’offre mondiale, mettant sous pression les systèmes de commercialisation dans les pays producteurs.
Des inquiétudes chez les producteurs
La réduction du prix bord-champ suscite toutefois des inquiétudes parmi les producteurs ivoiriens, dont les revenus dépendent largement de la culture du cacao. Pour de nombreux planteurs, cette chute brutale du prix intervient alors que les coûts de production — intrants agricoles, main-d’œuvre ou transport — restent élevés.
Certaines organisations de producteurs redoutent que cette baisse n’accentue la fragilité économique des exploitations familiales, qui constituent l’essentiel de la filière cacao dans le pays.
Un secteur stratégique pour l’économie ivoirienne
Avec près de 45 % de la production mondiale, la Côte d’Ivoire demeure le premier producteur de cacao au monde. La filière représente une source essentielle de revenus pour plusieurs millions de producteurs et un pilier majeur des exportations du pays.
Dans ce contexte, les autorités ivoiriennes cherchent à préserver l’équilibre du secteur tout en adaptant leur politique de prix à l’évolution du marché international du cacao.
MN





