Dans un Abidjan en quête de projection vers la prochaine décennie, la Côte d’Ivoire consolide un peu plus son partenariat stratégique avec l’Union européenne. Lundi 30 mars, la « Team Europe » a annoncé une enveloppe d’environ 1,1 milliard de dollars – soit près de 655 milliards de FCFA – destinée à accompagner la mise en œuvre du Plan national de développement (PND) 2026-2030.
Cette initiative s’inscrit dans la stratégie Global Gateway, bras financier de Bruxelles pour rivaliser avec les grandes offensives d’investissement internationales. Elle vise à structurer une nouvelle génération de projets, à la croisée des infrastructures et de la transformation économique.
Au cœur de ce dispositif, quatre priorités : l’énergie, les transports, la formation professionnelle et les chaînes de valeur agricoles. Autant de secteurs jugés décisifs pour soutenir une croissance déjà robuste et renforcer l’ancrage industriel du pays.
Pour Abidjan, l’enjeu dépasse le simple financement. Il s’agit d’accélérer une mutation économique engagée depuis plus d’une décennie, sous l’impulsion des réformes structurelles et d’un climat des affaires en amélioration. Le PND 2026-2030, dont le coût global est estimé à environ 175 milliards d’euros, ambitionne de faire du secteur privé le principal moteur de l’investissement, à hauteur de plus de 70 %.
Dans ce jeu d’équilibre entre capitaux publics et privés, l’Europe entend consolider sa position de premier partenaire économique du pays, tout en promouvant une croissance dite « inclusive et durable ». Derrière les chiffres, Bruxelles mise aussi sur une logique d’influence : sécuriser des corridors économiques, renforcer les chaînes de valeur locales – notamment dans le cacao et l’anacarde – et favoriser une meilleure captation de la richesse produite sur le continent.
Côté ivoirien, le signal est clair. En s’appuyant sur ce nouvel appui, les autorités entendent franchir un cap : celui d’une économie moins dépendante des matières premières brutes et davantage tournée vers la transformation locale, l’emploi qualifié et l’intégration régionale.
À l’heure où les grandes puissances redoublent d’offensives économiques en Afrique, la Côte d’Ivoire confirme ainsi son statut de hub stratégique en Afrique de l’Ouest – et de terrain privilégié pour la bataille silencieuse des investissements.
MN





