Dans le nord-est de la Côte d’Ivoire, à Doropo, l’enjeu agricole se joue désormais aussi sur le terrain de la sécurité sanitaire. Loin des grands centres urbains, une initiative locale illustre les mutations silencieuses qui traversent le secteur agricole ivoirien.
Le 28 mars, producteurs, distributeurs et acteurs du monde rural ont pris part à un atelier de formation consacré à l’usage des produits phytosanitaires. À l’initiative de l’entreprise John Phyto, en partenariat avec la société SOLEVO et sous la supervision des autorités agricoles locales, cette session visait à promouvoir une utilisation plus responsable des pesticides, dans un contexte où leur mauvaise manipulation constitue un risque croissant.
Au programme : sensibilisation aux dangers liés à une utilisation non maîtrisée des intrants chimiques, bonnes pratiques de stockage et introduction à des techniques agricoles susceptibles d’améliorer les rendements. Une approche globale qui lie performance économique et impératifs de santé publique.
Car derrière cette initiative se dessine une problématique plus large. En Côte d’Ivoire, comme dans de nombreux pays agricoles, l’usage non contrôlé des produits phytosanitaires reste une menace à la fois pour les producteurs, les consommateurs et les écosystèmes. L’encadrement des pratiques apparaît ainsi comme un levier clé pour une agriculture durable.
Cette formation marque également le lancement de la campagne commerciale agricole dans la zone, signe que la question des intrants s’impose désormais comme un enjeu stratégique. Entre exigences de productivité et impératifs environnementaux, les acteurs du secteur sont appelés à revoir leurs pratiques pour s’inscrire dans une logique plus durable.
À Doropo, cette dynamique de formation traduit une réalité plus large : celle d’une agriculture ivoirienne en transition, contrainte de concilier intensification des productions et maîtrise des risques sanitaires. Une équation délicate, mais désormais incontournable.
MN




