Catégorie : Agroforesterie
Côte d’Ivoire : Entre expulsions et solutions consensuelles dans la forêt classée de Scio.
Côte d’Ivoire : Entre expulsions et solutions consensuelles dans la forêt classée de Scio.
Blolequin, 20 août 2025 Une rencontre s’est tenue mardi 19 août à Blolequin pour examiner la situation des cultivateurs installés dans la forêt classée de Scio, dans l’ouest du pays. Elle a réuni les autorités administratives et forestières, le sous-préfet de Zéaglo, des représentants de l’Agence nationale de l’environnement, du Programme d’investissement forestier (PIF 2), ainsi que des chefs coutumiers et des habitants.
Selon le représentant du PIF 2, Bené Kouamé Lucien, l’occupation illégale des forêts classées contribue fortement à la déforestation. La couverture forestière de la Côte d’Ivoire est passée de 46 % en 2000 à environ 11 % aujourd’hui, soit une perte estimée à 13 millions d’hectares.
Les autorités ont souligné le dilemme auquel l’État est confronté : d’un côté, l’application stricte de la loi qui impose l’expulsion des cultivateurs installés illégalement, et de l’autre, la nécessité de trouver des solutions consensuelles permettant d’impliquer ces populations dans le processus de reboisement. « L’État ne vous expulse pas, mais vous devez accepter des plants dans vos parcelles », a indiqué M. Kouamé.
Cette approche vise à concilier les impératifs de préservation de l’environnement avec la réalité économique des familles qui dépendent de l’agriculture pour vivre. Les discussions engagées devraient permettre de mettre en place un cadre de collaboration durable entre les communautés locales et l’administration forestière.
MN
Agroforesterie : Laurent Tchagba au Brésil pour renforcer la stratégie ivoirienne de restauration forestière
Abidjan, 13 juillet 2025 – Le ministre des Eaux et Forêts, Laurent Tchagba, a mené une mission officielle au Brésil, du 8 au 11 juillet 2025, pour s’inspirer des modèles brésiliens d’agroforesterie et accélérer la restauration du couvert forestier en Côte d’Ivoire, selon un communiqué officiel . Immersion dans l’excellence brésilienne en agroforesterie La délégation ivoirienne a rencontré des institutions de référence, dont le ministère de l’Environnement, l’IBAMA, l’EMBRAPA, et la BNDES, pour explorer les dispositifs de coopération technique, transfert d’expertise et financements verts. Lors d’une rencontre avec l’Itamaraty (ministère des Affaires étrangères), M. Tchagba a ouvert des pistes concrètes pour formaliser des accords bilatéraux en agroforesterie, gestion forestière et finance climatique, avec une table ronde réunissant acteurs publics et privés.
Un partenariat stratégique pour la Côte d’Ivoire
Le Brésil, modèle mondial de restauration écologique et d’agroforesterie, constitue un réservoir d’outils efficaces que la Côte d’Ivoire veut adapter à son contexte tropical. Cette mission vise notamment à intégrer :
- Des contrats de concession forestière
- Des mécanismes d’incitation financière
- Des modèles de gouvernance décentralisée
- Des projets pilotes adaptés au terrain ivoirien
Impacts attendus pour la restauration forestière
La Côte d’Ivoire ambitionne de restaurer son couvert forestier, passé de 16 millions à moins de 3 millions d’hectares en 60 ans, en le portant à 6,5 millions d’ici 2030 grâce à programmes de reboisement et d’agroforesterie. Ces efforts s’inscrivent dans la Stratégie de Préservation, de Réhabilitation et d’Extension des Forêts (SPREF), soutenue par un plan décennal de 616 milliards FCFA, financé à 35 % par l’État et à 65 % par le secteur privé et les institutions partenaires.
Vers une mise à l’échelle des bonnes pratiques
La collaboration avec la BNDES vise à mobiliser des financements pour le climat, tandis que les échanges avec EMBRAPA fournissent une assistance technique pour la recherche agricole intégrée en agroforesterie Cette synergie diplomatique et technique marque une étape décisive pour faire de l’agroforesterie un pilier du développement durable en Côte d’Ivoire.
MN
Kong : 10 000 plants de karité pour reboiser et autonomiser 200 femmes rurales
Kong, 8 juillet 2025 (AIP) – Dans le cadre d’un ambitieux programme de reboisement et de promotion de l’autonomisation féminine, 10 000 plants de karité ont été remis le vendredi 4 juillet 2025 aux femmes de la coopérative Sobeya, à Kong. Ce projet est porté par le Conseil du coton, de l’anacarde et du karité, en partenariat avec la Fondation Yodé et Siro (YES) et la SODEFOR, avec un objectif double : restaurer l’environnement et renforcer les capacités économiques des femmes rurales.
Former et autonomiser 200 femmes à travers une agriculture durable
Plus de 200 femmes seront formées à la gestion de pépinières communautaires, avec un accompagnement technique et institutionnel.
Mme Mariam Gnéré épouse Ouattara, directrice de la production et de la durabilité du Conseil, a souligné la portée stratégique de l’initiative :
« Ce projet allie agriculture durable, reboisement et autonomisation de la femme. »
Un rêve qui devient réalité pour les femmes de Kong
Émue, la présidente de la coopérative Sobeya, Fatoumata Sanogo épouse Barro, a salué une avancée majeure :
« Au Mali et au Burkina, j’ai vu des femmes planter le karité. J’ai rêvé que cela arrive chez nous. Aujourd’hui, ce rêve devient réalité. »
Mme Colombe Assamoa, chargée de projet à la Fondation YES, a réaffirmé l’engagement de son organisation :
« À Kong, les femmes sont engagées. Nous sommes là pour les accompagner jusqu’au bout. »
Un projet durable, soutenu par le monde académique
Le suivi technique sera assuré par l’Université Péléforo Gon Coulibaly, avec une ambition affichée d’étendre le programme à d’autres localités rurales. Cette action s’inscrit dans le cadre de la Journée nationale de l’arbre, célébrée le 5 juillet à Kong, marquée également par le reboisement de 20 hectares.





