Dans le nord de la Côte d’Ivoire, le département de Kouto veut accélérer sa transformation économique en misant sur son principal atout : l’agriculture. À l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance, les autorités locales ont appelé à une modernisation du secteur, condition, selon elles, d’une meilleure valorisation des ressources et d’une amélioration durable des conditions de vie.
À Kouto, le développement passe d’abord par les champs. Dans ce département de la région de la Bagoué, l’agriculture demeure le principal moteur de l’économie locale. L’abondance des terres cultivables et le dynamisme des producteurs constituent, selon le préfet Gnamou Angoran Pierre, des atouts qu’il faut désormais transformer en véritable puissance économique.
S’exprimant vendredi 7 août, lors des célébrations du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, le préfet a placé la modernisation agricole au cœur des priorités du département. L’objectif est clair : faire évoluer les pratiques, accroître la productivité et surtout permettre aux populations de tirer davantage de revenus de leurs productions.
Des programmes pour changer d’échelle
Cette ambition s’appuie déjà sur plusieurs programmes publics déployés dans le département. Parmi eux figurent le Projet d’appui au développement des filières agricoles (PADFA), le Projet d’appui au foncier rural (PAFR) ainsi que le Projet de pôles agro-industriels du Nord (2PAI-Nord).
Pour les autorités locales, ces initiatives doivent permettre de franchir un cap : ne plus considérer l’agriculture uniquement comme une activité de subsistance ou de production primaire, mais comme un véritable secteur économique capable de créer de la valeur, des emplois et de nouvelles opportunités.
Le défi est notamment de mieux valoriser les productions locales et d’accompagner les producteurs dans cette transition. Le préfet a ainsi appelé les différents acteurs du monde agricole à renforcer leurs efforts afin que les potentialités du territoire puissent pleinement contribuer au développement du département.
Au-delà de l’agriculture, les attentes restent nombreuses
Si l’agriculture constitue le principal levier identifié par les autorités, Kouto reste confronté à plusieurs défis structurels. Les populations attendent notamment des améliorations dans les infrastructures routières, les établissements scolaires et sanitaires, mais aussi dans l’accès à l’eau potable et à l’électricité.
La question de l’emploi des jeunes figure également parmi les préoccupations majeures. Pour les autorités, la transformation agricole devra donc s’inscrire dans une stratégie de développement plus large, capable de générer des perspectives économiques pour une population jeune et de réduire les vulnérabilités liées au manque d’opportunités.
Le préfet a par ailleurs insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective des forces vives du département. Travail, solidarité et cohésion sociale doivent, selon lui, accompagner les investissements et les politiques publiques.
La cohésion sociale, condition du développement
À Kouto, la question agricole est aussi indissociable de celle du vivre-ensemble. Le préfet a appelé les populations autochtones, allochtones et celles venues d’autres horizons à préserver le dialogue et le respect mutuel.
Dans une région où l’agriculture constitue un enjeu économique central, la préservation de la paix sociale apparaît comme un préalable à la poursuite des investissements et à la valorisation durable des terres.
La présence de deux personnalités originaires de la région de la Bagoué au sein du gouvernement — Mariatou Koné, ministre du Portefeuille de l’État et des Entreprises publiques, et Bruno Nabagné Koné, ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières — a également été saluée par le préfet.
Cette représentation gouvernementale, a-t-il estimé, doit être perçue comme une responsabilité supplémentaire pour les populations locales, appelées à participer davantage à l’effort de développement.
À Kouto, le pari est donc plus large qu’une simple modernisation des exploitations agricoles. Il s’agit de transformer les ressources du territoire en emplois, en revenus et en infrastructures, tout en consolidant la cohésion sociale. Une équation qui place l’agriculture au cœur du projet de développement local.




