Au Salon international de l’agriculture au Maroc, vitrine majeure des dynamiques agricoles africaines, une réalité s’impose avec force : le continent s’y raconte aussi, et surtout, au féminin. Dans les allées de cette grand-messe agricole, les femmes africaines apparaissent en première ligne, incarnant à la fois la résilience et la transformation du secteur.
Productrices, entrepreneures, transformatrices ou porteuses de projets innovants, elles témoignent d’une montée en puissance progressive dans des chaînes de valeur longtemps dominées par les hommes. Leur présence massive souligne un basculement silencieux : celui d’une agriculture africaine de plus en plus portée par des initiatives féminines, souvent à l’échelle locale mais à fort impact économique et social.
Car derrière cette visibilité accrue, se joue une mutation plus profonde. Face aux défis climatiques, à l’accès limité au financement et aux contraintes foncières, les femmes développent des stratégies d’adaptation qui redéfinissent les pratiques agricoles. Transformation des produits, circuits courts, valorisation du local : autant de leviers qui participent à une reconfiguration du modèle agricole africain.
Le salon devient ainsi un espace de reconnaissance, mais aussi de plaidoyer. Les actrices du secteur y défendent une meilleure inclusion dans les politiques agricoles, un accès élargi aux ressources et une reconnaissance accrue de leur rôle dans la sécurité alimentaire du continent.
Dans ce contexte, leur forte représentation au Maroc dépasse le symbole. Elle traduit une tendance de fond : celle d’un rééquilibrage progressif des rapports de force au sein de l’agriculture africaine, où les femmes ne se contentent plus d’être des actrices de l’ombre, mais s’imposent désormais comme des moteurs de croissance.
MN




