À San Pedro, épicentre de l’économie cacaoyère ivoirienne, la transition vers une agriculture durable franchit une nouvelle étape. Le Conseil du café-cacao a officiellement lancé une plateforme de coordination dédiée aux initiatives d’agroforesterie et aux projets carbone, marquant une inflexion stratégique dans la gouvernance de la filière.
Déployée à l’échelle régionale, cette plateforme ambitionne de mettre fin à la dispersion des actions longtemps observée sur le terrain. Elle vise à centraliser les données, améliorer le suivi des projets et mieux identifier les besoins des acteurs, dans un contexte où les enjeux environnementaux deviennent indissociables des performances agricoles.
Au cœur du dispositif, une logique de coordination renforcée. Acteurs publics, entreprises privées, ONG, partenaires techniques et organisations de producteurs sont désormais appelés à converger vers un cadre commun, structuré autour d’une gouvernance inclusive. L’objectif : maximiser l’impact des initiatives et garantir leur traçabilité, notamment dans le domaine encore émergent des crédits carbone.
Car l’enjeu dépasse la seule rationalisation des interventions. À travers cette plateforme, la Côte d’Ivoire tente de répondre à une équation devenue centrale : concilier la puissance de sa production cacaoyère avec la préservation de son couvert forestier, mis à rude épreuve par des décennies d’expansion agricole.
Dans cette perspective, l’agroforesterie s’impose comme un levier clé. En intégrant arbres et cultures, elle offre une réponse à la fois écologique et économique, permettant d’améliorer les rendements tout en restaurant les écosystèmes. Le développement de projets carbone, en parallèle, ouvre la voie à de nouvelles sources de revenus pour les producteurs, à condition que les mécanismes de gouvernance soient maîtrisés.
Le lancement de cette antenne à San Pedro s’inscrit ainsi dans une feuille de route plus large, qui prévoit la cartographie des initiatives, le renforcement du suivi et la mise en œuvre d’actions concertées à l’échelle nationale.
Dans un secteur qui fait vivre des millions de personnes et pèse lourd dans les exportations du pays, cette plateforme apparaît comme un outil de transformation. Au-delà de la technique, elle incarne une volonté politique : faire évoluer le modèle cacaoyer ivoirien vers plus de durabilité, de cohérence et de résilience




