En Côte d’Ivoire, le prix bord champ du kilo de noix de cajou a été fixé à 400 francs CFA pour la campagne de commercialisation 2026. L’annonce a été faite ce week-end à Yamoussoukro, à l’occasion des Journées nationales du producteur. Il s’agit d’une baisse de 25 francs CFA par rapport à la campagne précédente, dans un contexte international jugé moins favorable.
Premier producteur mondial d’anacardes, avec plus de 1,4 million de tonnes de noix brutes produites en 2025, le pays subit les effets conjugués du recul du dollar et du ralentissement du marché mondial. En un an, la monnaie américaine est passée de 620 à 565 francs CFA, réduisant mécaniquement les recettes à l’exportation. À cela s’ajoute la baisse significative de la demande, notamment en provenance des États-Unis, dont les achats ont chuté d’environ 25 % l’an dernier.
Face à cette conjoncture, le gouvernement ivoirien a opté pour une approche prudente. Le ministre de l’Agriculture, Bruno Nabagné Koné, qualifie ce prix de « prudent mais protecteur », expliquant qu’il vise à « préserver l’écoulement de toute la production nationale tout en sécurisant les revenus des producteurs ». Il n’exclut toutefois pas une révision à la hausse du prix dans les prochaines semaines, comme cela a déjà été le cas lors de campagnes antérieures.
Un optimisme mesuré partagé par les acteurs du secteur. Pour Cynthia Namoutié, directrice générale de l’usine de transformation Cilagri Cajou, le prix annoncé constitue avant tout un filet de sécurité pour les producteurs.
« 400 francs CFA le kilo, c’est le prix minimum garanti. Ensuite, le jeu de l’offre et de la demande fera évoluer les prix, notamment avec l’entrée en lice des transformateurs et des exportateurs. La présence de ces deux acteurs est globalement à l’avantage des producteurs », souligne-t-elle au micro de notre correspondant à Abidjan, Abdoul Aziz Diallo.
Dans son dernier bulletin, le service d’information sur les marchés agricoles N’kalô met toutefois en garde contre une possible poursuite des tensions sur le marché mondial. La baisse durable de la demande américaine pourrait, selon l’organisme, constituer un facteur « perturbateur » dans les mois à venir.
Malgré ces incertitudes, autorités et professionnels affichent leur confiance dans la capacité du marché à se stabiliser, dans un secteur stratégique qui fait vivre plusieurs centaines de milliers de producteurs à travers le pays.
MN





