Abidjan, octobre 2025 — Face à la croissance de sa population et à la dépendance persistante aux importations, la Côte d’Ivoire intensifie ses efforts pour atteindre l’autosuffisance en riz. Au cœur de cette stratégie, un mot revient comme une évidence : l’irrigation.
L’irrigation, un levier incontournable pour la riziculture
La majorité des rizières ivoiriennes repose encore sur les pluies saisonnières. Or, avec le changement climatique et la variabilité des précipitations, cette dépendance rend la production instable.
Selon les autorités agricoles, maîtriser l’eau est désormais indispensable pour garantir des récoltes régulières et améliorer les rendements.
Grâce aux programmes publics et aux investissements privés, la production nationale de riz a progressé ces dernières années, atteignant près de 1,8 million de tonnes de riz blanchi en 2025. Mais pour couvrir totalement la demande intérieure, il faut aller plus loin : irriguer davantage et produire plusieurs fois par an sur les mêmes surfaces.
Des projets d’irrigation structurants en cours
Le gouvernement, avec l’appui de partenaires techniques et financiers, multiplie les initiatives pour moderniser les périmètres rizicoles.
Parmi les priorités :
- la réhabilitation des anciens périmètres irrigués abandonnés ;
- la construction de nouveaux ouvrages hydrauliques (canaux, barrages, stations de pompage) ;
- et la formation des producteurs à la gestion de l’eau et à l’entretien des installations.
Ces projets visent à permettre deux à trois récoltes par an, au lieu d’une seule pendant la saison des pluies.
Des bénéfices économiques et sociaux
Le développement de l’irrigation ne sert pas uniquement la production de riz : il stimule l’ensemble de l’économie rurale.
Les rendements plus stables améliorent les revenus des agriculteurs, réduisent la pauvreté et limitent l’exode rural.
L’autosuffisance en riz permettrait aussi de réduire les importations, estimées à près de 40 % de la consommation nationale, et donc d’alléger la facture alimentaire du pays.
Des défis à surmonter
Malgré les progrès, plusieurs obstacles subsistent :
- le coût élevé de l’installation et de la maintenance des systèmes d’irrigation ;
- l’accès à l’énergie pour faire fonctionner les pompes dans les zones rurales ;
- et la gouvernance locale de l’eau, essentielle pour garantir une gestion durable et équitable des ressources.
Les autorités misent sur la coopération entre acteurs publics, privés et communautaires pour rendre ces infrastructures viables sur le long terme.
Un pas décisif vers la souveraineté alimentaire
Pour la Côte d’Ivoire, le riz est bien plus qu’une denrée de base : c’est un symbole de souveraineté alimentaire.
En plaçant l’irrigation au centre de sa stratégie agricole, le pays trace la voie d’une agriculture plus moderne, résiliente et durable.
Si cette ambition se concrétise, la Côte d’Ivoire pourrait devenir une référence régionale en matière de production rizicole maîtrisée et respectueuse de l’environnement.
MN





